Agora Ephémère #3 - 29 juin 2020 - Bien manger en ville : un art de vivre et un choix politique

30/06/2020

 

Nous étions plus une trentaine, hier soir à l'Hôtel-Dieu, pour ce 3ème RDV de l'Agora Ephémère.

Dans le cadre du cycle "Bien-être & Santé" nous avons croisé nos regards et confronté des points vue pour partager des modes de faire autour du Bien manger avec Hélène Brethes, coordinatrice de la ferme urbaine du Blosne, Arzu Guler, nutritionniste-naturopathe, et Romain Joly, chef cuisinier de la brasserie Origines.

Ensemble, nous avons parlé de bien être, de goûts, de couleurs dans l'assiette, d'évolution des modes alimentaires, de santé, d'accès à des produits de qualité, de l'environnement et de sensibilisation au « bien manger ».

 

Intro

« Si les aliments frais sont nécessaires à la santé de l'Homme et de l'animal, alors non seulement ces aliments doivent provenir de notre propre sol, mais ils doivent être produits aussi près que possible des lieux de consommation. Si cela implique une baisse des importations et, en conséquence, des répercussions sur les exportations, alors c'est l'industrie qui doit être réajustée aux besoins de l'alimentation. Si un nouvel ajustement implique la décentralisation de l'industrie et la réouverture des minoteries locales et des abattoirs, nous devons assumer le fait que la santé de la nation est plus importante que n'importe quel groupe industriel. »

Ce message a été écrit par Lady Eve Balfour, fondatrice de l'Association Soil, dans les années 40 en Angleterre. L'association était composée d'un groupe de fermiers, scientifiques et nutritionnistes, qui souhaitait défendre l'agriculture biologique. Aujourd'hui le label apporte notamment sa caution écolo aux cosmétiques bio.

 

C'était dans les années 40 et ça résonne assez avec des discours que l'on a pu entendre pendant cette période de temps hors du temps, du confinement.

 

Hélène Brethes, agriculture urbaine

Définition :

L’agriculture urbaine désigne à la fois :

- un ensemble d’activités agricoles pratiquées en milieu urbain,

- un mouvement citoyen de réappropriation de l’espace urbain à des fins alimentaires,

- un outil de développement durable pour les collectivités.

Dans les pays en développement, elle constitue souvent une stratégie de subsistance alimentaire des ménages en situation de pauvreté alors qu’elle constitue davantage, dans les pays développés, une revendication citoyenne en faveur d’un meilleur accès à une saine alimentation et à des milieux de vie de qualité.

 

Installée dans le quartier du Blosne, la ferme urbaine se co-construit avec les habitant.e.s depuis près de 2 ans. Les habitant.e.s ont d'ailleurs voté pour l'appeler Le potager des cultures.

Les enjeux de se projets se tournent vers le "low-tech" (faible technologie) de l'alimentation durable et soutenable en ville.

L'association met l'accent sur la pédagogie, la sensibilisation, le retour à la terre et le goût dans l'assiette. C'est au travers d'ateliers de découverte et de chantiers participatifs que petit.e.s et grand.e.s viennent du quartier et d'ailleurs pour (re)-découvrir le plaisir de la terre.

Considérée comme un équipement de quartier, la ferme du Blosne propose de nombreuses activités tout au long de l'année. Pour plus d'infos, cliquez ici

 

L'agriculture urbaine, un projet politique ?

On voit de plus en plus de projets de fermes urbaines ou de projets d'agriculture urbaine se développer sur le territoire. Parfois dans le cadre de budget participatif, parfois lors d'occupations temporaires de friches dans l'attente d'être bâties, parfois lors de mise à disposition de grands espaces par les collectivités. S'il est vrai que d'occuper le terrain pour créer du lien avec les acteurs locaux (riverains, associations...) est nécessaire à un projet durable, il est aussi nécessaire d'avoir un accompagnement ou du moins un soutien de la part des villes (technique, financier, matériel...) pour que les projets perdurent.

Parmi les projets en cours, un dispositif est en réflexion pour imaginer des tarifs sous le format de la carte Sortir, afin de bénéficier de paniers solidaires et ainsi rendre accessible au plus grand monde des produits de qualités où le prix ne serait plus un frein.

Sur Rennes, on peut citer ces deux autres projets d'agriculture urbaine. Par exemple PermaG'Rennes ou encore le Jardin des Mille Pas tous les 2 installés à la Prévalaye.

 

L'agriculture est l'un des moyens d'accéder à des produits de qualité, cependant on observe en 2015 que "les consommateurs consacrent de moins en moins d'argent à leur alimentation. Le pas cher est [a été] dans l'air du temps et les assiettes en font les frais."

Plus récemment, l'association Bio consomm'acteurs observe que les 18-24 ans ont conscience de la nécessité de consommer autrement et que les plus jeunes trouvent normal de payer un peu plus cher du bio.

Et durant la période de confinement alors ? Les habitudes des consommateurs ont évolués : il a fallu remettre les mains à la pâte et passer du temps dans la cuisine.

 

Arzu Guler, santé et bien-être par l'alimentation

Le bien-être passe par le Bien manger. Et ce n'est pas forcément plus cher que de mal manger. C'est seulement plus de temps à passer, à plusieurs, en famille ou entre amis, à préparer à partir de produits frais, ce qui arrivera dans l'assiette l'instant suivant.

Les médias sociaux (Instagram, Pinterest) ou encore les émissions liées à l'alimentation sont nombreux et porteurs de messages. Ils contribuent à leur façon aux changements de comportements. La diversité des patients qui consulte Arzu Guler est à l'image de ces changements. Certains sont en surpoids, ont des maladies, d'autres sont curieux ou en recherche de conseils pour une hygiène de vie meilleure.

 

Des hormones de bonheur dans nos assiettes !

Il existe un lien fort entre santé mentale et alimentation. Le corps et l'esprit sont étroitement liés et le joli dans l'assiette, au même titre que les saveurs dans la bouche, contribuent à un apaisement, une relaxation.

On observe d'ailleurs que ce qui est proposé dans les cantines scolaires influence directement les comportements des enfants (niveau sonore, concentration, agressivité...). Et que dans les établissements ayant perdu leur chef-cuisinier faute de budget, pour des questions sanitaires ou autres absurdités, cela est d'autant plus prégnant. "Mieux vaut laver les légumes à l'eau de javel, ça évitera que nos enfants avalent un grain de sable !"

Certains parmi vous ont peut-être des mauvais souvenirs des déjeuners à la cantine où les épinards baignaient dans l'eau ou la crème, et d'autres de bons souvenirs de hachis parmentier préparés avec amour et goût le vendredi midi. Cela marque à jamais la mémoire gustative.

 

 

« La nourriture est plus qu'une source d'énergie , elle exprime la façon dont nous respectons et prenons soin de notre planète. » Extrait de l'intro écrite par Tamzin Pinkerton et Rob Hopkins dans Manger Local, s'approvisionner et produire ensembe, de Lionel Astruc et Cécile Cros.

 

 

 

Romain Joly, cuisiner pour véhiculer des valeurs

C'est le rapport aux aliments, aux producteurs, à la terre, à la mer, à l'assiette et aux clients qui contribue à un bon moment au restaurant.

 

La brasserie Origines a fait le choix d'une cuisine locale et responsable en proposant tout au long de l'année une cuisine de saison, en accord avec l'éthique de l'établissement : qualité et simplicité.

Origines est davantage un "bistrot" qu'un "gastro". Il ne fait pas de chichis et met le paquet sur le goût !

 

Pour cela, c'est la relation aux producteurs qui prime. La garantie d'un bon produit au service de la cuisine et du plaisir de la bouche. Avec d'autres restaurateurs rennais porteurs de valeurs de la terre et de l'environnement, ils se rassemblent au service d'un projet commun, le bien manger en ville.

Ensemble, ils soutiennent les producteurs locaux en achetant "responsables" et souhaitent embarquer dans leur sillage de futurs cuisiniers qui souhaitent prendre un tournant.

 

Faire de la bonne cuisine c'est faire de la politique. C'est s’engager.

Manger de la bonne cuisine est un acte politique, engagé et tangible.


Certains chefs se sont exprimés pendant le confinement et ont porté des messages forts sur le rapport à l'alimentation et aux produits de qualité. On peut citer par exemple Florent Ladeyn, chef de plusieurs établissement à Lille, qui dit que "manger local, c'est voter 3 fois par jour."

 

 

RDV le 7 septembre de 19h à 20h30 à The Roof Rennes- Hôtel Dieu, pour l'Agora Ephémère #4

"La RSE et l'économie circulaire pour vous plaire "

En compagnie de

Aurélien Ollivry, co-dirigeant de l'agence Déclic, Territoires de demain

Lucas Le Provost, coordinateur RSE et porteur du 1% for the Planet chez Triballat-Noyal,

Les Cru'c, créateurs de légumes lactos fermentés

 

 

Biblio

L'alimentation ou la troisième médecine. 5ème édition refondue et augmentée. Docteur Jean Seignalet

Le charme discret de l'intestin, tout sur un organe mal aimé. Giulia Enders

Et maintenant on mange quoi ? Christophe Brusset

Le jeûne, une méthode naturelle de santé et de longévité. Dr Jean-Pierre Willem

Quand les cantines se rebellent. Jean Claudel et Stephane Veyrat pour le collectif UN PLUS BIO

Les incroyables comestibles. Pam Warhurst et Joanna Dobson

Mon assiette, ma santé, ma planète. Pierre Weil

Manger local, s'approvisionner et produire ensemble. Lionel Astruc et Cécile Cros

Les carnets de cuisine de Monet. Claire Joyes

Magazine REGAIN, journal de campagne n°6 et n°7

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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